La COMBIOZ team au charbon !

Une fois n’est pas coutume, un petit récit, en réponse à ceux qui me demandent « alors cette Sainté ? » et bien voilà !

Comme c’est désormais une habitude depuis 2010 (excepté en 2016 ou c’est avec mon ami d’annecy, Fred TEYSSANDIER, que j’en ai décousu avec les 72 bornes de la Sainté), je reviens sur cette course mythique, avec mon pote, Francky BERLIOZ, pour tenter une nouvelle fois d’aller chercher ce podium qui nous échappe parfois pour rien, parfois un petit peu plus que rien…, malgré des places honorables chaque année (Entre la 4éme et la 7éme place), 2013 et surtout 2014 auraient dû être les années de cet aboutissement, cela s’est joué de peu en 2013, mais le pire est en 2014 ou j’ai trouvé le moyen de me tromper sur le parcours à moins de 10 bornes de l’arrivée alors que nous étions 3éme et que les jambes répondaient bien.
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Et 2018 alors ? Les voyants sont plutôt au vert avant le départ, une préparation correcte en amont, malgré une petite alerte, 10 jours avant, sans conséquences heureusement, de bonnes courses de préparation ponctuée de podiums à Chaumont sur le trail du mont chauve et à Dompierre-les-Ormes, au trail du haut-clunisois, bref, il y a pire ! La confiance est là, la COMBIOZ TEAM n'a plus qu'à !

Après une descente rendue difficile sur Lyon par les « gilets jaunes », rendez-vous au QG, chez Christelle, la sœur de Francky et Frédéric, qui nous ont concocté un bon petit repas, ils sont au petit soins avec nous, nous conduisant même respectivement vers nos lieux de départ, à Saint Etienne pour Francky et ensuite à Sainte Catherine ou je prends le relais, Encore un grand merci à eux !
D’ailleurs, cela n’a pas été simple non plus pour nous de nous rendre à Sainte Catherine, car à 5km de Sainte Catherine, un barrage (pas de gilets jaunes, bien que le gars en avait un !), ou on nous dit, « vous ne pouvez pas aller plus loin, il faut monter à pied !!! »..la farce !...ben non, ça n’est pas une farce…on décide de tenter par un autre accès, lui aussi fermé…un autre alors sur les conseils d’un gars local…pas mieux !!! le temps passe et plus le choix, il faut se taper ces 4km qu’il restait depuis cet accès, à pied…ben ça fera un échauffement !!.

Une édition d’abord particulière avec un kilométrage porté à 81km au total, ce qui donne un peu plus de piment, et cela est sans compter sur une autre particularité indépendante des organisateurs : la météo...il aurait pu faire -5, de la neige comme on a déjà connu, ou sec et tempéré, comme on a aussi connu….et bien non, cette fois ci, dame météo a décidé de nous offrir de la pluie, ça, je n’avais encore pas vécu à ce point là sur la Sainté !...ben c’est fait !....cela dans une ambiance pas excessivement froide (3 à 5°C), mais la pluie aidant, elle est devenue bien froide à mon goût……

Départ de Saint Etienne à 23h30 cette année, un peu plus tôt, en raison de la distance rallongée, mine de rien, ça compte, surtout après 70 bornes, pas pareil, s’il en reste 2 que s’il en reste 11…...Francky, arrivé la veille par un vol express de sa Bretagne d’adoption, part, comme à l’accoutumée, dans le groupe de tête. Lui qui, il y a 4 mois pile, était cloué au lit par une méningite, fatigué par le simple fait de parler au téléphone !!!!!!

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est du passé, et le « Grobreton » prend un départ tambour battant sous un ciel encore clément. Tout se passe bien pour lui jusqu’au 20-21éme kilométre, ou les sensations deviennent tout à coup différentes, l’énergie n’est plus tout à fait au rendez-vous, et les kilométres deviennent de plus en plus durs. Il s’agit donc pour lui de limiter la casse jusqu’au32ème kilomètre, ou je prends le relais…. il fait plus que se battre car il vient me passer le relais en 3ème position !!!!!

Il commence à pleuvoir…..je sais que pour beaucoup de coureurs, les 10-12 kilométres à venir, jusqu’au « signal de Saint André », sont les plus difficiles du parcours, avec au 7eme km environ notamment la « montée de rampeau », et son « mur » à 15-20 % interminable à franchir….pour ma part, je sais que les 40 bornes qui restent, avec un joli dénivelé négatif, seront tout aussi difficile, les nombreuses parties descendantes, ont pour caractéristique de solliciter les muscles en « excentrique » (à vos dicos pour les non initiés), et donc de « casser de la fibre », ce qui va rendre la fin de course particulièrement éprouvante, bien autant et même plus, que les « bosses » qui jalonnent elles aussi le parcours….

Ces fameux 10-12 kilomètres se déroulent d’ailleurs plutôt pas mal pour moi, je remonte pas mal d’athlètes, sans trop savoir s’ils courent en relais ou solo ?? et je suis facile...le parcours, est quand même bien humide et les descentes, particulièrement piégeuses, à l’image de la célèbre descente du bois d’Arfeuille, pentue, pleine de cailloux, bien mouillés et glissants, ou la moindre erreur d’appuis peut se payer cash….Je reste alors prudent, gardant en mémoire mon entorse du mois de Juin, qui m’a laissée 6 semaines au repos, et je ne veux pas risquer de remettre ça ce soir…

Ensuite, un élément jusqu’alors discret, rentre dans le jeu de façon beaucoup plus prégnante : la pluie, d’abord modérée, elle devient particulièrement intense.

Je commence à regretter la « super veste imperméable » que je devais recevoir par la poste un jour avant, mais qui n’est jamais arrivée (merci Chronopost!), je m’étais du coup replié sur ma bonne veste convertible nike en storm fit, normalement, plutôt imperméable….mais les années passant, ce n’était plus vraiment sa caractéristique première, pourtant, avant si, mais….c’était avant….

De ce fait, je me retrouve rapidement, trempé...le problème, c’est qu’à cette température, je sens rapidement le froid m’envahir, commençant à pester contre mon idée saugrenue de décider au dernier moment de courir en cuissard court, plutôt qu’en collant long, ressentant également petit à petit le froid sur les genoux et les mollets….et puis quel imbécile j’ai été de ne me décider d’acheter cette veste imperméable qu’au dernier moment, celle-ci n’étant au final jamais arrivée !!!… allez…pas grave, après tout, il ne restait à ce moment que ...35 kilomètres….

Je tachais de bien m’appliquer sur l’alimentation, sachant que le froid multiplie la dépense calorique, cependant, je commençais à perdre les sensations au niveau des doigts, au point de ne pas pouvoir saisir mes barres énergétiques, situées dans une des poches de mon sac d’hydratation, ma main gauche répondait à peu près, alors que ma main droite était hors-service…rien que ça ! impossible de saisir une barre avec la main droite, je dois donc les saisir avec ma main gauche, moins pratique vu ou elles se trouvent mais pas le choix, cette main est encore opérationnelle grâce à mon téléphone que j’ai glissé dans mon gant trempé, mais qui m’aide à maintenir une température suffisante….j’essaie donc de faire défiler comme je peux les pâtes d’amande et autres gels « energix » en alternance, accompagnés de quelques gorgées de boisson énergétique.

Ceci dit, le froid était bien là, et le vent sur les parties découvertes du parcours n’arrangeait pas les choses, de ce fait, les sensations devenaient inhabituelles, imperceptibles parfois, et je n’arrivais pas à trouver mon rythme de course prévu, mais il fallait faire le maximum pour ne pas y (mes racines bourguignonnes qui ressortent) penser et faire avec. Je me concentrais donc en cherchant à maintenir un rythme suffisant mais bien en dessous de ce que je pensais pouvoir faire. Dans ma tête je décompte tous les 5km, plus que 35, plus que 30, plus que 25…..la pluie toujours là formait par endroit du parcours une véritable « rivière », comme à environ 30km de l’arrivée, ou nous courrions dans une montée sur laquelle dévalait l’eau ruisselante, un peu comme des saumons qui remontent une rivière….c’est là que je me suis dit : « qu’est-ce que je fous là !!! »

Bon gré, mal gré », je tente de maintenir le rythme, en me disant que si j’en bave, les autres aussi, alors au charbon ! Il fallait choisir dans les parties sentiers, entre le milieu du chemin, au risque de glisser sur la droite ou la gauche, ou bien sur un des deux côtés, mais cette fois-ci, en étant obligé de courir dans les flaques d’eau….

Continuant mon décompte, la barrière des vingt derniers kilomètres était pour moi bonne pour le moral, je me disais que Lyon se rapprochait, et surtout, comme nous commencions à rentrer dans l’agglomération Lyonnaise, nous étions un peu plus à l’abri du vent, avec un ou deux degrés de plus qui font toute la différence...tout se passe donc au mental, une obsession, garder un rythme de course continue même si ce n’est pas assez rapide à mon goût, et s’appliquer sur la foulée, tout en étant prudent dans les parties techniques. Les kilomètres continuent à défiler, je ne sais pas du tout ma place, je me rends compte que je ne cours pas au rythme espéré mais je me dis que je limite quand même la casse, avec un petit 10-11 à l’heure sur le plat, c’est déjà ça, moi qui espérait tourner vers les 13-14 à l’heure sur ces parties…..on en est loin ! viens ensuite la montée de Beaunant, vers les aqueducs, que je commence à connaître et qui est la dernière bosse (à 10% quand même) avant de plonger sur Lyon et les 4-5 derniers km…bonardo ! reste à voir comment les quadris vont réagir dans les descentes bitumées et les escaliers qui permettent de rejoindre les quais du rhône, ça ne se passe pas trop mal ! reste 2km pour filer vers la halle Tony Garnier et en finir avec cette 65ème édition de la STL, …2km ou je retrouve des ressources pour finir à un bon rythme, et franchir enfin, pour la 9ème fois en ce qui me concerne, la célèbre arche de la Saintélyon.

Ce sera finalement à une 7ème place au classement scratch que nous terminerons cette édition. Beaucoup seraient ravis de cette place, alors restons mesurés, cependant…c’est un podium que l’on veut, et nous nous rendons compte que nous n’avons pas pu exprimer tout notre potentiel, freinés par les éléments, mais c’est ainsi, il faut savoir s’adapter, et il faut être objectif, la 3ème place cette année aurait été une gigantesque perf, occupée par l’équipe de Dawa Sherpa, vainqueur notamment de l’UTMB il y a quelques années, néanmoins, une 3ème……..4ème place n’aurait pas été utopique ! mais…avec des si…….tant pis, une prochaine fois ??? hein Francky !!

Est-ce que nous remettrons cela en 2019, c’est possible, d’ici là, place à la récupération, avant de rechausser les runnings et de se fixer de nouveaux objectifs pour 2019 ! et… petit clin d’œil à TilliT (www.facebook.com/tillitsocks/), petite (mais costaude) marque haut-marnaise de chaussettes de sport qui m’ont vaillamment accompagnées jusqu’à l’arrivée.

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