Utiliser la perception de l'effort pour un entraînement plus efficace

Différents moyens permettent à l’heure qu’il est de connaître l’intensité de l’effort produit, et demandent d’utiliser du matériel plus ou moins pointu qui indique des données à interpréter, en voici quelques-uns ;

La Vitesse Maximale Aérobie (VMA) qui est la vitesse minimale qui permet d’atteindre la consommation maximale d’oxygène (VO2 max), cet indicateur donne les capacités aérobies du moment  de l’athlète, et pourra permettre de définir des allures de travail à l’entraînement.

 

Le VO2 max, ou consommation maximale d’oxygène, celle-ci peut être connue directement à l’aide d’appareils spécifiques. Une fois celle-ci connue, un entraînement aux différents pourcentages de VO2 max …néanmoins, le matériel nécessaire pour évaluer le VO2 max est particulièrement couteux et encombrant (Un ergospiromètre, un débitmètre, des

analyseurs de gaz,  masques…..).

 

Le cardio-fréquence mètre (CFM)  qui est le reflet de la fréquence cardiaque, et qui s’appuie ensuite sur différents principes pour ressortir un pourcentage de l’intensité de l’effort produit, en s’appuyant sur diverses méthodes:

la méthode de la FC max,
la méthode de la FC associée à la vitesse de course,
la méthode de Karvonen….

 

Le capteur de puissance, utilisé en cyclisme, qui donne la puissance en watts développée au cours de l’effort, et celui-ci connaît de la même façon le pourcentage du travail fourni pendant son entraînement, en référence à des tests préalables de Puissance Maximale Aérobie (PMA).

 

Et l’utilisation  de la perception de l’effort (PE) ?

Attachés aux appareils de mesure externes comme le CFM ou le capteur de puissance notamment, les sportifs ne prêtent pas toujours un intérêt suffisant au ressenti de l’effort. La perception subjective de l’effort peut pourtant apporter des informations riches pour conduire l’intensité de travail à l’entraînement.

En effet, l’athlète peut situer  son effort sur une échelle comme celle de Borg qui est la plus courante, ou encore la CR10 de Borg. La PE est le reflet de phénomènes physiologiques comme la concentration sanguine en acide lactique (travaux de Hetzler et al., 1991…), douleurs musculaires (Takai, 1998…), le débit ainsi que la fréquence ventilatoire (Noble et al., 1973…), la quantité d’apport en oxygène (Skinner et al., 1973..)…, la fréquence cardiaque (Borg, 1973…).

Bien que la PE dépend d’aspects subjectifs passant par le  ressenti de l’athlète, une même intensité d’effort (et non un même effort) pourrait être perçu comme plus difficile par un athlète et moins par un autre, mais les études réalisées à ce sujet montrent bien que la PE est bien corrélée à l’intensité de l’exercice et elle évolue proportionnellement à son intensité.

Pour utiliser cette échelle, il convient donc d’être le plus objectif possible sur le ressenti de son effort, sans sous-estimer ou surestimer son effort, en indiquant comment est perçu la difficulté et les contraintes engendrés par l’exercice,  en s’appuyant sur la fatigue musculaire, le degré d’essoufflement, les douleurs perçues…et en plaçant le curseur sur un des étages de l’échelle…

Voilà un moyen assez simple, qui ne nécessite pas d’investir dans des appareils technologiques couteux, et qui permet de hiérarchiser le travail fourni à l’entraînement. Un travail préalable sur le ressenti de l’effort va permettre d’améliorer la précision de l’évaluation faîte par le sportif, grâce à une meilleure connaissance de lui-même.

Pour caractériser l’utilisation de la perception de l’effort, Frédéric Grappe a créé l’échelle ESIE (Echelle Subjective de l’Intensité de l’Effort), qui permet de mettre en relation la perception de l’exercice avec l’intensité de l’exercice (échelle d’ESIE, Grappe et al, 1999). Un outil de travail de grande qualité, plus précis et détaillé que l’échelle de Borg, utilisé au plus haut niveau notamment dans le domaine du cyclisme.

 

Frédéric GRAPPE, chercheur, enseignant et entraîneur est par ailleurs l’auteur, entre autres articles, d’un document très  complet sur « l’entraînement perceptif » qui vaut la peine d’être consulté : http://www.fredericgrappe.com/wp-content/uploads/2013/09/Lentra%C3%AEnem...

 

Cela peut donc s’avérer très utile de se référer aux informations issues de la perception de l’effort pour calibrer le travail fourni à l’entraînement, une méthode peu onéreuse mais particulièrement efficace !  A vous de jouer !!

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